Techniques simples d’échantillonnage

Échantillonnage aléatoire ou échantillonnage empirique© JPPI (Morguefile.com)

Quels que soient vos objectifs et le type d’enquête à mener, vous allez devoir définir la population cible à interroger et vous chercherez à constituer un échantillon tiré de la base de sondage. En pratique, on choisira souvent une méthode d’échantillonnage empirique, la plus connue étant celle des quotas, ou des méthodes alternatives.

Bien déterminer la population étudiée et choisir l’échantillon à interroger sont deux éléments clés pour la réussite de votre sondage.

Il existe deux grandes catégories de méthodes d’échantillonnage : les méthodes aléatoires et les méthodes non aléatoires. Ce sont ces dernières qu’on appelle aussi méthodes empiriques, tandis que les méthodes aléatoires sont aussi appelées probabilistes.

Si vous vous intéressez aux fondements théoriques des méthodes d’échantillonnage, je vous suggère la lecture de cet autre article : Méthodes d’échantillonnage aléatoires et non aléatoires.

Dans cet article-ci, après avoir rappelé brièvement la différence entre les méthodes aléatoires et non aléatoires, on va s’intéresser principalement aux méthodes empiriques, des techniques plus simples et directement applicables dans les enquêtes et sondages :



Échantillon aléatoire ou non aléatoire

Les méthodes de sondage aléatoire sont dites aussi probabilistes car elles font appel à la théorie des probabilités : il s’agit de tirer aléatoirement un échantillon en s’assurant que chaque individu de la population de départ a les mêmes chances d’être sélectionné.

C’est le cas par exemple du tirage des numéros du Loto ou autres jeux équivalents.

Dans la pratique des enquêtes, ces méthodes ne sont quasiment jamais employées car elles requièrent de posséder la liste exhaustive de toute la population, puis de procéder à un tirage véritablement aléatoire d’un échantillon d’individus et enfin de collecter leurs réponses en s’assurant de n’introduire aucun biais statistique. Autant dire que leur utilisation est plutôt une affaire de spécialiste !

Vous vous tournerez donc le plus souvent vers une méthode de sondage empirique, la plus connue étant la méthode des quotas. Mais il existe aussi des méthodes alternatives qui sont décrites plus bas.



La méthode des quotas

Cette méthode part du principe que l’échantillon doit être “représentatif” des caractéristiques de la population mère : par exemple l’âge, le sexe, la situation familiale, le lieu d’habitation, la profession, le niveau de revenu.

Concrètement, selon la population qui vous intéresse, vous allez rechercher en amont (si vous ne les connaissez pas déjà) des données sur ses caractéristiques. C’est ce qui vous permettra de déterminer vos quotas : x hommes et x femmes ou x individus par tranche d’âge par exemple.

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Avec questionnaire-pro, vous fixez les quotas à atteindre sur les questions de votre choix, et tout est géré automatiquement. Pas de questionnaire rempli inutilement !



Des alternatives à la méthode des quotas

Les méthodes d’échantillonnage empirique ne se limitent pas aux quotas, il existe d’autres solutions parmi lesquelles :


1. Méthode de la boule de neige

Une des méthodes alternatives à la méthode des quotas est la méthode de la boule de neige qui peut être très utile pour trouver des individus ayant des caractéristiques particulières et très précises.

Dans cette méthode, l’échantillon est constitué à partir d’un petit nombre d’individus connus, répondant aux caractéristiques voulues. Par la suite, d’autres répondants se rajoutent à partir de recommandations faites par les premiers. L’image est celle d’une boule de neige qui grossit progressivement au fur et à mesure qu’elle descend le long d’une pente.

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2. Méthode de l’échantillon de convenance

Lorsque les personnes que l’on interroge sont choisies pour des raisons de commodité pratique et non pour des raisons statistiques, on emploie le terme d’échantillon de convenance. Par exemple, au sein d’un fichier client, on n’interroge que les clients dont on connait l’adresse e-mail. Autre exemple, dans le cadre d’un travail universitaire, on n’interroge que des étudiants parce qu’ils sont présents et disponibles.

Ce n’est pas stricto sensu une méthode d’échantillonnage et l’échantillon de convenance ne sera pas forcément un échantillon représentatif, avec le risque de générer des biais importants dans les résultats.



3. Méthode de l’échantillon au jugé

Une variante de l’échantillon de convenance consiste à définir un échantillon au jugé. Pour cela, le sondeur fait appel à son jugement ou à celui d’un expert pour identifier les personnes à inclure dans l’échantillon.

Même si la démarche s’avère pertinente, les critères de sélection demeurent subjectifs. Par conséquent, certains individus de la population auront moins de chances d’être sélectionnés que d’autres.

Exemple : on étudie l’intérêt potentiel des membres d’une association pour un service de notifications par e-mail et on n’envoie le lien du questionnaire en ligne qu’aux adhérents dont on connait l’adresse électronique.



Un conseil pour finir…

Quel que soit votre choix d’échantillonnage, pensez à poser quelques questions signalétiques ou à collecter auprès des répondants des informations qui vont permettre de vérifier la fiabilité des données recueillies.

Pour cela, préalablement à votre enquête, vous aurez fait une recherche documentaire pour savoir quelles sont les données statistiques disponibles sur la population que vous étudiez.



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Cet article publié en 2017 a été complété et mis à jour le 14 avril 2020, en écho à la parution le même jour de l’article Méthodes d’échantillonnage aléatoires et non aléatoires. S’il vous a intéressé, dites-le dans les commentaires ou faites-moi part de vos interrogations éventuelles. Je me ferai un plaisir de vous répondre !


A propos de Françoise Lafont

Cofondatrice de Questio, éditeur du logiciel questionnaire-pro, consultante et formatrice, je partage dans ce blog mes connaissances théoriques et pratiques dans le domaine des enquêtes et sondages en ligne, auto-diagnostics numériques et protection des données (RGPD).

2 commentaire(s) sur “Techniques simples d’échantillonnage

  1. Je veux collecter les informations qualitatives dans une population de 17 villages. Combien de villages dois-je retenir pour cette enquête?
    Dans chaque village retenu, 4 personnes seront interrogées.
    Merci pour votre orientation

    1. Bonjour Thomas, il m’est difficile de vous répondre précisément, étant spécialisée dans les techniques quantitatives, pas vraiment dans l’approche qualitative. Ce que je peux vous dire, c’est que cela dépend fortement des ressemblances ou des différences qu’il peut exister entre les différents villages. Plus les villages se ressemblent au regard des critères que vous étudiez (nombre d’habitants, localisation, infrastructures…) et plus le nombre de villages interrogés peut être réduit. A l’inverse, il faudra interroger un grand nombre de villages si la dispersion est forte.

      Si certains villages présentent des similarités et que vous parvenez à constituer des groupes assez homogènes, vous pouvez opter pour un échantillonnage en “grappes”  : je décris rapidement cette méthode dans l’article intitulé Méthodes d’échantillonnage aléatoires et non aléatoires. Vous trouverez sûrement plus d’explications en poursuivant vos recherches sur internet.

      En espérant vous avoir aidé dans votre réflexion méthodologique… je vous souhaite plein succès dans votre démarche d’études.

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